ORIGINES
Les jeux de balle sont parmi les plus anciens et les plus répandus au monde. Durant l’antiquité, les Grecs, les Romains, les Gaulois, les Egyptiens, les Aztèques… avaient leurs jeux de pelote et le peuple basque (qu’on appelait à l’époque les Vascons) aussi.
La pelote pratiquée par les Basques a une origine qui se perd dans le temps. En effet, durant longtemps, les traditions se sont transmises oralement. Il n’y a donc pas d’écrit précisant les conditions de jeu avant le XIXe siècle.
En pratique, le plus vieux jeu de Pelote basque connu à ce jour est celui joué sur de grandes esplanades couvertes d’herbes (sorhopilak ou pilotasoroak), où l’on s’affrontait face à face avec des pelotes faites de laines et de chiffons rebondissant peu. On en trouve encore aujourd’hui les traces, proches des sites mégalithiques, dans les estives ou à proximité des villages.
Au fil des siècles, les Basques n’ont eu de cesse de faire évoluer la Pelote, en empruntant notamment au jeu de paume et en adaptant ses instruments (gant de cuir, battoir, raquette…). Au XIXe siècle, le caoutchouc récemment découvert, entre dans la fabrication des pelotes qui deviennent ainsi plus vives avec des rebonds plus importants. C’est ainsi que les jeux indirects se développent avec l’envoi de la pelote contre un mur (le fronton) et que de nouveaux instruments apparaissent pour compléter gants de cuir et grosses palas : chisteras, xare, paleton, pala ancha…
Avant de devenir la discipline sportive de haut niveau d’aujourd’hui, la Pelote basque était déjà à l’époque plus qu’un simple jeu traditionnel. Elle permettait de s’affronter lors de défis entre villages ou vallées et d’y défendre son honneur mais toujours avec humilité. Le joueur de Pelote (pelotari) a donc toujours eu un statut social particulier et reconnu dans la société.
INSTRUMENTS - AIRES DE JEU - SPÉCIALITÉS
Aujourd’hui il existe 13 instruments pour jouer à la Pelote basque : la main nue, la pala larga (ou grosse pala), la pala corta, la paleta, la pala ancha, le paleton, le xare, le frontenis, le pasaka, le laxoa, le remonte, le petit chistera et le grand chistera.
Chacun de ces instruments se jouant avec une pelote qui lui est dédiée, faite de cuir ou de gomme.
La Pelote basque peut se pratiquer sur 3 aires de jeu différentes
le fronton
le trinquet
MUR À GAUCHE
La Pelote basque regroupe plusieurs spécialités (disciplines) différentes, à l’image de l’athlétisme qui regroupe le 100 m, le saut en longueur, le marathon, …
Chaque spécialité est définie par l’association d’un instrument et d’une aire de jeu. Il y a en tout plus de 30 spécialités, pratiquées aussi bien par les hommes que par les femmes, se jouant selon le cas en jeu direct ou indirect, en individuel ou par équipes de 2, 3, 4 ou 5 joueurs.
On joue aussi à la Pelote basque partout dans le monde : 36 nations représentées aux championnats du monde.
RÈGLES DU JEU
- Une partie se jouera selon la spécialité en 22, 30, 35, 45 ou 50 points ou bien sous forme de sets en 2 manches gagnantes. Certaines spécialités, les plus anciennes (en jeu direct), se comptent en jeux (15 - 30 - 40), comme au tennis.
- Les équipes s'affrontant doivent à tour de rôle, réceptionner/frapper la pelote, à la volée ou après un rebond au sol, pour l’envoyer ensuite sur le fronton (le mur de face nommé frontis) au dessus de la ligne horizontale et la faire retomber dans l'aire de jeu (cancha), délimitée par des lignes sur le sol. La pelote à le droit de rebondir sur les autres murs avant ou après avoir touché le frontis.
- Une équipe perd le point quand elle ne peut renvoyer la pelote sur le frontis, fait rebondir la pelote hors des limites du terrain (marquées par des lignes au sol et sur les murs), envoie la pelote sur le filet au plafond et, quand elle rattrape la pelote après 2 rebonds au sol.
- À chaque point gagnant l’équipe gagne ou conserve l’engagement (le but).
FOCUS SUR : LA CESTA PUNTA
LE SPORT DE BALLE LE PLUS RAPIDE AU MONDE
Assurément la spécialité la plus spectaculaire de la Pelote basque et mondialement reconnue, la Cesta Punta se joue avec le grand chistera en osier et une pelote de cuir.
Elle est née au moment de l’invention de son instrument. En 1888 à Buenos Aires, le joueur de Pelote basque Melchior Curutchague, pour soulager son poignet blessé, transforme son petit chistera : la taille est allongée, la courbure est accentuée et une forme de poche est donnée au panier permettant de mieux contrôler la pelote avant de la renvoyer par la pointe. D’où son nom en espagnol qui signifie : Cesta « panier » et Punta « pointe ». On appelle aussi cet instrument le grand chistera en opposition donc au petit chistera.
Une partie de Cesta Punta oppose 2 équipes, chacune composée d’un avant et d’un arrière, dans un mur à gauche de 54 m de long aussi appelé Jai Alai (« Fête Joyeuse » en basque). Depuis peu, elle se joue également en un contre un dans un mur à gauche de 36 m.
À partir des années 1890 elle s’exporte partout dans le monde : Europe, Amérique latine, Asie, Amérique du Nord. Aux Etats-Unis, elle connaît son âge d’or durant les années 60 à 80 grâce à la machine du show-business. C’est alors 16 Jai Alai sur l’ensemble du territoire américain et prêt de 700 joueurs à l’année.
Discipline professionnelle de haut de niveau, extrême et sensationnelle, il s’agit du sport de balle le plus rapide au monde : 313 km/h inscrit au Guinness Book des records.